C'est alors qu'apparut le renard.
- Bonjour, dit le renard.
- Bonjour, répondit poliment le petit prince.
Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli.
- Je suis un renard, dit le renard.
- Viens jouer avec moi, proposa le petit prince. Je suis tellement triste.
- Je ne peux pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé.
- Ah, pardon, fit le petit prince.
Qu'est-ce que signifie "apprivoiser" ?
- C'est une chose trop oubliée, dit le renard.
Cela signifie "créer des liens".
- Créer des liens ??
- Bien-sûr, dit le renard.
Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon semblable à cent mille petits garçons.
Et je n'ai pas besoin de toi.
Et tu n'as pas besoin de moi non plus.
Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards.
Mais si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre.
Tu seras pour moi unique au monde.
Je serai pour toi unique au monde.
[...]
Les champs de blé ne me rappellent rien, et ça c'est triste.
Mais tu as les cheveux couleur d'or...
Ainsi, le petit prince apprivoisa le renard.
Et quand l'heure du départ fut proche...
- Ah, dit le renard. Je pleurerai.
- C'est ta faute, dit le petit prince.
Je ne souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t'apprivoise.
- Bien-sûr, dit le renard.
- Mais tu vas pleurer, dit le petit prince.
- Bien-sûr, dit le renard.
- Alors, tu n'y gagnes rien.
- J'y gagne, dit le renard. A cause de la couleur du blé.